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Balades au fil du temps

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28 mai

Oradour sur Glane

 

 

Oradour sur Glane a été détruit pendant la seconde guerre mondiale, le 10 juin 1944. Ce village du Limousin a été le théâtre d'une exécution systématique de la part des Waffen S.S., faisant officiellement 642 victimes. Oradour-sur-Glane a été rayé de la carte, un après-midi de juin, quatre jours après le débarquement en Normandie. Conservé en état de ruine, ce village fantôme reste le témoin d'un crime odieux...

Situé à une vingtaine de kilomètres au nord ouest de Limoges, le lieu est saisissant. Le village entier a été conservé, les rails du tramway sont encore en place. De nombreuses carcasses de voitures résistent encore à la rouille, tout comme quelques objets domestiques restés dans les maisons.

Plusieurs sensations s'affrontent lors de la visite. On parcourt un lieu témoin, une preuve matérielle d'un massacre. Pourtant les ruines d'Oradour dégagent encore, le charme d'un village des années 1940, un village de la campagne limousine. La disposition des bâtiments, les façades encore debouts, nous rappellent ce qu'était ce village, et on peut alors s'imaginer l'ambiance qu'il pouvait y avoir.

23 mars

Les pyramides

 
Pyramide de Saint-Quentin (XVIIIè siècle) forêt de Loches.
 
Cette pyramide, bâtie sur une base de plan carré, est l'une des quatre flèches en pierre édifiées en 1770 aux principaux carrefours qui jalonnent la route Georges-d'Amboise. Ce grand axe traverse du nord-ouest au sud-est la forêt de Loches. Les trois autres pyramides sont celles de Genillé, de Montaigu et des Chartreux.
A côté de chacune d'elles s'élevait, pour l'hébergement des gardes, une "maison forestière". Celle de Saint-Quentin a été détruite vers les années 1980.
 
Pyramide des Chartreux (1770) forêt de Loches.
 
Depuis l'époque de Colbert, en raison de l'exploitation des bois et de la pratique de la chasse de gros gibier, la forêt de Loches est parcourue par un réseau de routes et de sentiers, relativement dense et bien entretenu, surveillé par un personnel de gardes et de viguiers. A la fin du règne de Louis XV, l'ensemble est réorganisé afin de rendre les parcours plus commodes et faciles à identifier. Un petit chemin, qui traversait la forêt de part en part, est ainsi élargi et rendu carrossable. Baptisée Georges-d'Amboise, la nouvelle route est ouverte au public en 1769.
Quelques années plus tard, afin de mieux marquer les carrefours, la route est jalonnée de pyramides, accompagnées généralement par des maisons de gardes forestiers, comme je vous le disais déjà plus haut. En 1778, les quatre pyramides sont élevées. Celle des Chartreux, du nom du couvent du Liget, situé à proximité, est la première des quatre, en partant du sud-est. La pyramide, dont la forme est proche d'un obélisque, est dressée, contrairement aux autres, sur une base pentagonale.
 
 
18 février

Pont Girault

 
XIIIè siècle ( Meulière et rognon de silex).
 
Ce pont, à trois arches inégales en ogive, est construit sur l'ancien chemin qui relie Amboise et Poitiers par Sainte-Catherine-de-Fierbois. Il facilite alors le franchissement de l'Echandon par les " Jacquets ", pèlerin de la route d'Espagne vers Saint-Jacques-de-Compostelle, qui devaient jusqu'alors traverser le cours d'eau à gué. Selon la légende, Jeanne d'Arc y passe pour aller chercher son épée dans l'église de Sainte-Catherine. Le pont est également nommé " Pont Girault " ou " Pont aux fées ". En effet, pendant la guerre de Cent Ans, le seigneur de Montchenain aurait voulu construire un pont pour traverser l'Echandon. Personne n'acceptant de le bâtir, il fait appel au " petit peuple " des fées, qu'il doit prier sans être aperçu des vieux chênes, demeure des " dames blanches ", et prie. Pendant la nuit, les fées se mettent au travail, mais la châtelaine, ne voyant pas rentrer son mari, vient à sa rencontre. Les fées disparaissent, et le mauvais génie de l'eau en profite pour soulever le pont des ses épaules, ce qui en dessine la courbe.
12 février

La Courroierie

 
Du XIIè au XVIè siècle (tuffeau)
 
Ce corps de bâtiment dépendant de la chartreuse du Liget constitue à l'origine un logis seigneurial fortifié où les moines peuvent se réfugier en cas de troubles. Il regroupe toutes les servitudes de la chartreuse, depuis la cuisine jusqu'aux ateliers fabriquant le cuir et le parchemin indispensable aux moines copistes. Au centre du logis s'élève alors une haute tour , mentionnée en 1361. Des douves profondes entourent l'édifice de toutes parts; elles sont réparées et augmentées en 1462, avec l'autorisation du roi. La Courroierie dispose en outre de capitaines-gouverneurs nommés par le roi sur présentation des chartreux du Liget.
 
Tour carrée (XVè siècle, en tuffeau)
 
Cette tour à mâchicoulis avec porte cochère et poterne à pont-levis fait partie des fortifications du logis pouvant servir de refuge aux moines chartreux.
Pendant la nuit de 3 au 4 mars 1583, deux compagnies de soldats calvinistes commandées par le capitaine Dulignon surprennent la place et la pillent. Une bande de paysans qui les accompagne allume à cette occasion un grand feu dans la cour et brûle les titres de propriétés des religieux.

Chapelle Saint-Jean du Liget

(XIIè siècle et vers 1890)
 
Cernée par la forêt de Loches, cette chapelle circulaire romane s'élève à environ un kilomètre de la Chartreuse du Liget.
Une nef, détruite, prolongeait l'édifice vers l'ouest. Avant la fondation de la Chartreuse voisine, un premier groupe de moines s'installent probablement à cet emplacement, sur des terres appartenant alors à l'abbaye bénédictine de Villeloin. En contrebas, une fontaine possédait, d'après la tradition, le pouvoir de faire tomber la pluie. En période de grande sécheresse, les habitants de la région s'y rendaient en procession avec bannières et croix. Le prêtre récitait les prières d'usage avant d'enfoncer le pied de la croix dans l'eau de la fontaine. Le dernier pèlerinage a eu lieu durant l'été 1870.
La coupole de la chapelle, ainsi que la corniche aux modillons sculptés, ont été refaites vers 1890.
 
La dormition de la Vierge
 
Fin du XIIè ou début du XIIIè siècle (fresque de la chapelle Saint-Jean du Liget).
 
L'intérêt principal de la chapelle réside dans l'ensemble des fresques qui ornent ses murs. Réalisées dans les dernières années du XIIè siècle ou au tout début du XIIIè siècle, elles se répartissent en six panneaux principaux, disposés dans les espaces compris entre les fenêtres. La nativité, la Présentation du Temple, la descente de Croix, la Résurrection, la Dormition de la Vierge, chef-d'oeuvre  de la chapelle et l'arbre de Jessé, figurant la généalogie du Christ, y sont représentés.
Les embrasures des fenêtres sont également pouvues de fresques aux figures de saints, dont l'identification est parfois difficile.